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[sens du travail et motivation] : Platonicien ou Spinoziste ?

 

A l’écoute de la conférence d’André Comte Sponville, j’ai eu envie de m’approprier le sens de ses propos en vous racontant l’histoire suivante :

C’est l’histoire de Ferdinand. Ferdinand est au chômage depuis plus de 18 mois. Son désir le plus cher, celui qui le comblera de bonheur est de trouver un travail. Aujourd’hui c’est le grand jour : Ferdinand vient d’être recruté. Son désir étant réalisé, la grande question se pose :

Alors, Ferdinand, heureux ? Ben, ca dépend…

 

OPTION A : Ferdinand est un platonicien.

Selon Platon, nous explique André Comte Sponville, deux équations fondamentales régissent notre bonheur :

1/Amour = Désir 

2/ Désir = Manque

Pour être heureux, je désire ce qui me manque.

Ferdinand désire un travail, il le trouve. Avoir obtenu ce qu’il désire doit le rendre heureux.

Or, dès lors que le désir est satisfait, le manque disparait.  S’il n’y a plus de manque, il n’y a plus de désir donc plus d’amour ni de bonheur.

CQFD : je n’aime et ne désire que ce que je n’ai pas.

Ferdinand répond ainsi à Aragon (qui l’avait d’ailleurs déjà prévenu en écrivant : « il n’y a pas d’amour heureux », effectivement, à partir du moment où je tiens dans mes bras l’objet de ma convoitise, je ne suis plus en manque de cette charmante personne et donc je ne la désire plus !), donc, Ferdinand répond à Aragon en décrétant : il n’y a pas de travail heureux.

 

OPTION B : Ferdinand est un spinoziste

Selon Spinoza, deux équations tout aussi fondamentales régissent notre bonheur :

1/Amour = Désir 

2/ Désir = Puissance

Le désir est une puissance de jouir et de nous réjouir.

Ouf, nous sommes sauvés !

Ferdinand a trouvé un travail qui comble son désir et lui permet de se réaliser pleinement.

Ami lecteur, tout l’art est de passer de Platon à Spinoza…

Le rapport de l’homme au travail, poursuit André Comte Sponville, a changé : le travail est nécessaire mais n’est pas une fin en soi.

C’est pourquoi il doit avoir un sens.

Nous travaillons toujours pour autre chose que le travail : nous travaillons pour être heureux, pour le bonheur que nous trouvons dans le travail.

L’homme est un être de désir et nul ne désire le travail pour lui-même. On ne désire le travail que pour le bonheur qu’on y trouve ou qu’il permet.

Ainsi tout homme, toute femme veut être heureux, nous courons tous après le bonheur.

La chasse au bonheur est ouverte tous les matins. Comment fédérer toutes ces chasses tous les matins pour une démarche efficace et économiquement rentable au sein de nos entreprises ?

Chers managers, vous voici d’abord et avant tout des professionnels du désir de l’autre.

Pour approfondir ce billet, je vous invite à écouter tout en vous régalant, l’excellente conférence de André Comte Sponville.

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